excellent article qui montre bien l’impérieuse nécessité de renforcer notre expertise scientifique en matière écologique pour ne pas nous faire manoeuvrer par les experts en communication de tous bords !
Dans la même veine ci-dessous un "coup de gueule" salutaire du président de la FNAUT-PACA Claude Jullien :
"Il n’y a rien qui m’énerve plus que le mot “écologie” ou “écologistes”, que l’on met aujourd’hui à toutes les sauces,
tout comme “durable”, “vert”, ou encore “éco-machin quelque chose”.
Ainsi, l’opération OIN – Plaine du Var s’appelle maintenant “Éco-vallée”, une nouvelle manière de faire passer la pilule de tout ce qui reste à bétonner dans la vallée du Var.
Et s’il faut décerner des titres de pseudo-écolos, avec ESTROSI, on en tient un bon.
Je lui ai d’ailleurs envoyé mes félicitations à propos de son “opération bulldozer” pour les Balcons du Mercantour, et j’espère bien que lui et son copain Éric seront condamnés pour cette bonne action (J’ai eu confirmation de la bouche même du directeur du Parc, la semaine dernière, que l’affaire était chez le Procureur, on verra bien si les lois de la République sont les mêmes pour tous).
Si je me permet d’utiliser le terme de pseudo-écolo, c’est également suite à la publication de la fameuse “Charte d’Hendaye”, qui n’est qu’un ramassis de bêtises invraisemblables sur le chemin de fer, et je suis bien obligé de constater (avec regret) que les Verts se sont fourvoyés bille en tête dans cette ânerie. Ce n’est pas sérieux.
Tout comme l’affaire de l’amiante et de la radioactivité au Lyon-Turin, énorme mensonge qui déplace des manifs de plusieurs dizaines de milliers de personnes en Italie.
À un moment donné, trop, c’est trop, et il s’agirait que les élus reviennent à un niveau d’expertise adéquat avant de se laisser baratiner et de prendre des décisions malheureuses.
C’est ainsi qu’à la sortie de la guerre, bien conseillés par de bonnes âmes, ils ont supprimé presque TOUS les réseaux de tramways dans nos villes.
Il s’agirait donc que l’écologie politique revienne à un niveau d’expertise scientifique incontestable, car sinon, quand les scientifiques vont sortir des laboratoires pour rétablir certaines vérités, elle va se faire ratatiner dans les grandes largeurs.
Il y a de bons scientifiques chez les Verts, mais actuellement, il y a manifestement une défaillance d’expertise économique dans les énergies renouvelables, pas seulement chez les Verts, chez tout le monde, de la gauche à la droite.
2 - Je ne me suis jamais présenté comme un écologiste, car l’écologie est une science, que je n’ai pas précisément étudié à la Fac ou ailleurs, mais je remarque que la majorité des gens qui me parlent d’écologie sont dans le même cas que moi.
Par contre, je croise à longueur de journée des pseudos écolos, qui me raconte les pires âneries sur tout et n’importe quoi, tiens, par exemple ... ITER !
Une autre fois, ce fut le plus sérieusement du monde le moteur à eau. J’ai pas assez de gigas de mémoire pour stocker les âneries sur la voiture électrique, le soit disant retard des constructeurs français, les énergies renouvelables, etc ...
C’est d’ailleurs maintenant le propre d’Internet de favoriser l’émergence de ces dialogues de café du commerce, même si l’on en a tiré une pièce de théâtre très marrante (“Brèves de comptoir”).
Je suis un défenseur du chemin de fer (et de bien d’autres choses), et le hasard veut que celui-ci soit aussi le plus écologiste de tous les modes.
Je crois que la meilleure solution pour la Côte d’Azur serait dans la construction de raccordements divers et variés entre la LGV et la ligne ancienne, un certain nombre de TGV pouvant faire de la desserte fine en quittant la LGV. Après tout, quand il y avait encore beaucoup de trains de nuit qui venaient de fort loin, personne n’était offusqué que ceux-ci fassent du cabotage au petit matin, et je me souviens que l’inter-station Cannes / Juan-les-Pins était particulièrement courte et à très basse vitesse.
Si une sortie de la LGV existait avant la gare de Cannes, par exemple dans le faisceau de la Bocca, certains TGV pourraient desservir tout un chapelet de villes en enfilade par la ligne ancienne, sans perdre énormément de temps par rapport à ceux qui fileraient en direct par la LGV.
Pour les utilisateurs de ces TGV, le temps perdu en apparence serait en fait largement regagné sur les temps de pré et post acheminements.
5 – Les vitesses à l’arrivée des gares
Il est évident qu’en arrivant à proximité d’une gare d’arrêt général, par exemple Nice, il serait idiot de maintenir des caractéristiques de l’infrastructure calculées pour 300 km/h, là où les TGV seront en plein freinage.
Un cas typique et exemplaire est la gare de Bologne, en Italie, où le rayon des courbes se resserre progressivement selon la valeur de la vitesse à un endroit donné.
C’est bien ainsi que RFF envisage les choses à l’arrivée à Nice.
La gare souterraine de St-Charles sera également conçu selon ce principe.
6 – LGV et Fret
Je ne vois pas le rapport entre un tunnel bi-tube et l’impossibilité de faire passer du Fret.
Au contraire, cela va dans le bon sens, et un tunnel bi-tube répond mieux (au sens de la législation sécuritaire) à la présence possible du Fret.
Seul inconvénient : le tunnel bi-tube est plus cher.
Mais une autre technique possible pour faire baisser les coûts serait d’adopter la formule du tunnel unique avec voile central de béton, utilisé par Bouygues au tunnel TGV du Groene-Hart, aux Pays-Bas.
Par contre, il est vrai qu’une LGV est difficilement compatible avec le Fret, pour des questions techniques incontournables :
* limitation sur LGV à 17 t / essieu (le Fret monte souvent à 22,5 t, comme beaucoup de locomotives d’ailleurs)
* valeur maximale des rampes sur LGV pouvant monter à 35 pour mille, ce qui limiterait fortement la charge des trains de Fret, et la LGV-PACA, suite à notre géographie locale, va être particulièrement accidentée
* résistance des attelages en rampes (1000 t pour monter à Modane en rampe de 30)
* fort différentiel de vitesses entre les différentes catégories de trains, limitant la capacité de la LGV
* augmentation du coût de la LGV d’environ 50 %
De plus, et je le regrette fortement, il n’y a pratiquement plus de fret ferroviaire sur la Côte d’Azur : en moyenne 2 trains par jour (alors qu’il y a des milliers de camions au poste frontière de Vintimille). En voilà un bon, de problème.
7 - Conclusion
On ne peut pas parler de chemin de fer sans faire un minimum de technique. C’est plutôt une technique de haute technologie, même si tout le monde croit que c’est simple.
Les élus (verts en particulier, parce qu’il se trouve qu’en général j’ai plutôt de la sympathie pour eux, mais les autres également, bien entendu) auraient tout intérêt à élever le niveau d’expertise qu’ils seront amenés à solliciter.
Surtout, ne pas se contenter de lire et de croire béatement certains rapports pseudo-techniques (c’est décidément une maladie chez moi), mais chercher à comprendre soi-même. Ne croire que des choses démontrées, et ne pas hésiter à se faire expliquer.
En particulier, ne pas prendre pour argent comptant tout ce que raconte la SNCF, qui se défend plutôt bien en technique, mais est particulièrement douée pour rouler les élus dans la farine en matière de devis.
Justement, un sacré problème au niveau du Conseil Régional, qui paye très cher certaines modernisations de ligne.
Mais ceci est un autre sujet.
C J
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